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mardi 29 novembre 2016

CALOGERO accusé de plagiat : très difficile à digérer

Chers amis, je suis aujourd’hui accusé et condamné à tort de plagiat pour quelques notes du refrain de ma chanson 'Si seulement je pouvais lui manquer' par un monsieur que je ne connais pas. La justice me condamne car je n’ai évidemment pas de preuve de n’avoir jamais été en contact avec sa musique. Cela me fait beaucoup de mal" peut-on lire sur le message Facebook.Chacune des notes qui composent mes mélodies depuis que j’ai 16 ans sortent toutes directement de mes tripes et de mon cœur. Composer une mélodie depuis que je suis adolescent donne un sens à ma vie. Je mets un point d'honneur à ce que mes musiques soient le reflet de ce que je vis ou ce que je suis." Et d'assurer que toutes les notes de ses musiques sont sincères et touchent le coeur de ses fans : "Et je ne vous remercierai jamais assez de les entendre ces mélodies, de les comprendre et de ressentir cette sincérité, car je suis sûr que vous la ressentez. La route a été longue pour moi et je n’ai jamais rien volé à personne. Je n'ai jamais copié personne et ne le ferai jamais  C’est injuste, cela me fait mal et je voulais vous le dire, voilà. Je vous embrasse, Calo".
http://www.lci.fr/musique/calogero-se-defend-sur-facebook-je-suis-aujourd-hui-accuse-et-condamne-a-tort-de-plagiat-2014854.html.

ANNE CLARLE - NOUGAYORK & IDEES NOIRES

Foreigner - The Flame Still Burns

 The Flame Still Burns est disponible depuis le 25 novembre, il contient un nouvel enregistrement de la chanson « The Flame Still Burns », que le guitariste Mick Jones avait écrit pour le film Still Crazy, ainsi qu’une version live de « Juke Box Hero » et les versions originales de 1977 de « Feels Like The First Time » et « Long, Long Way From Home ». 

http://www.radiometal.com/article/news-foreigner-ep-the-flame-still-burns,232805

mercredi 23 novembre 2016

Thomas Sinaeve Mes disques à moi (et rien qu'à moi)

De tous les Mes disques à moi (et rien qu'à moi) rédigés après le numéro 100, celui-ci était sans doute le plus évident. Le plus incontournable. Celui dont tout le monde savait qu'à un moment ou un autre, il allait finir par paraître.

J'ai déjà évoqué de manière détournée ce que Bon Jovi représente pour moi. Un article qui, visiblement, a parlé à suffisamment de personnes pour que des années après, on m'en parle encore régulièrement. Ce que je n'ai pas dit (ce n'était pas le propos), c'est à quel point Bon Jovi était un grand groupe. Peut-être d'ailleurs n'étais-je pas tout simplement pas prêt à l'écrire noir sur blanc. Un semblant de honte a longtemps continué à me submerger chaque fois j'entamais la phrase, et je finissais par m'arrêter à "point". Même lorsque j'étais ado, je rougissais un peu au moment de dire que ce qu'il y avait dans mon baladeur n'était pas le dernier Radiohead, mais bien le nouveau Bon Jovi. Confusément, je comprenais que ce n'était pas la meilleure réponse à la question t'écoutes quoi ? - question que j'ai d'ailleurs toujours détestée. Peut-être un peu à cause de Bon Jovi.

Dans "Je suis une midinette", j'ai raconté à quel point le slow, lorsqu'il était réussi, était la quintessence du rock. Posture fumeuse dans le cas de Bon Jovi, qui n'a jamais été ce groupe à slows que l'on connaît en France, où l'on moque la ringardise du groupe du New Jersey mais où il décrocha son plus grand succès ("Always") pile lorsque la mode passait partout ailleurs. Égarés au milieu d'une vague – le hair-metal – fustigée tant par les fans de métal pur et dur que par ceux de rock alternatif, pas forcément plus FM qu'un autre dans l'absolu, Bon Jovi n'a jamais été autre chose, dans le fond, qu'un groupe de classic rock comme seule l'Amérique sait en produire – un truc qui à peine le premier album sorti semblait déjà destiné à truster les bacs establishment jusqu'à la fin de ses jours. Le groupe pas subversif pour deux sous, entertainer jusqu'au bout d'un ampli sur lequel la guitare branchée était ÉVIDEMMENT une Gibson – on osera même reconnaître que l'inénarrable Richie Sambora saignait beaucoup trop dessus. Pire : lorsqu'ils déboulent au milieu des années quatre-vingts, les quatre éphèbes + Richie ont même plutôt tendance à rassurer les parents terrifiés par la vague glam metal/hard FM, ces types aux looks androgynes qui, entre deux slows testostéronés, promettent aux leurs auditrices des crazy crazy crazy craaaaaaazy nights. Moins camé que les Guns, moins vulgaire que Mötley Crue, plus viril que Poison... Bon Jovi semble né pour être apprécié des mamans, propose suffisamment de romance pour les grandes sœurs et de morceaux couillus pour les petits frères. Les interviews sont des modèles de vertu à faire pâlir David Beckham (C'est vrai qu'on est devenu des stars, man, mais on n'oublie pas d'où on vient parce qu'on a bossé gravement dur pour en arriver là. Yeah.), leur pilosité ne permet aucun doute sur leur orientation sexuelle et leurs textes sont si profondément positifs que le mini scandale de la pochette de Slippery When Wet était pardonné six mois plus tard (le "wet", voyons, renvoyait aux larmes provoquées par "Never Say Goodbye"). Sur la ligne de départ, ce quintette qui n'était même pas passé par l'underground avait tellement tout pour plaire/déplaire (c'est selon) que même les fans de hard FM lui crachaient dessus, lui préférant des groupes dont on n'oserait même pas dire les noms tout haut aujourd'hui de peur qu'ils ne se reforment. A part peut-être Stryper, qui c'est vrai avait poussé franchement trop loin avec son concept de hard chrétien prosélyte, aucun groupe de cette scène n'a été plus moqué, critiqué, conchié que Bon Jovi. Pas étonnant qu'ils aient fini par intituler leur best of Cross Road.


C'était oublier un peu vite (ou refuser de voir que) Bon Jovi était très largement au-dessus de la mêlée d'alors, ne serait-ce que parce que, Épiphanie ou animale intuition personne ne saura jamais le dire, le groupe comprit assez rapidement que le règne du hard au synthétiseur ferait long feu. Dès le départ ou presque, les ploucs du New Jersey proposaient un rock plus old school et moins clinquant que leurs concurrents, ce qui joue beaucoup dans le fait qu'on puisse encore écouter sans (trop) flipper des disques comme Slippery When Wet ou New Jersey, quand l'idée de se passer un seul morceau de Winger semblerait à la limite du supportable à n'importe quel cerveau normalement constitué. D'une manière générale, quand tous les groupes de hard FM/glam-hair metal se réclament des grands noms du rock des seventies, Bon Jovi, eux, les aiment vraiment, et tant qu'à faire les pionniers et le blues avec1. Cela ne s'entend pas nécessairement (ok : ça ne s'entend jamais), mais cela se sent. Entre deux power-ballades, on perçoit chez eux un feeling, une authenticité qui font que, même parrainés par le terroriste Desmond Child (co-auteur voire nègre de 80 % de cette scène-là), ce groupe ne dégage pas tout à fait la même chose que les autres2. Quand ceux-ci semblent bien trop occupé à chanter le fric, le fun et les filles faciles, Jon et ses potes, eux, préfèrent largement, outre les aléas de l'amour, écrire sur la vie, l'amour et les amitiés indéfectibles (et aussi un peu l'amour). Nul stigmate du trium virat chic-choc-toc des eighthies dans les "Runaway", "You Give Love a Bad Name" et autres "King of Mountain". Pas étonnant que Bon Jovi ait été le seul - oui, le seul - à survivre à la tornade Nevermind une poignée d'années plus tard. Ç’avait beau sonner con comme la lune dans les interviews, Bon Jovi était bel et bien un groupe de prolos pourvus d'une conscience3 et pas une connerie qui naîtrait et mourrait par la main de MTV.

Tous ceux qui ont lu l'incontournable The Dirt, (auto)biographie de Motley Cruë, savent à quel point à la seconde où parut Nevermind, plus rien ne fut pareil pour les stars du hair-metal. En l'espace de six mois, des mecs qui vendaient en moyenne quinze millions d'exemplaires furent littéralement génocidés par les nouvelles icônes du grunge, et passèrent de stades bourrés à craquer à des clubs sordides à peine plus peuplés que ceux qu'ils écumaient à la fin des seventies, avant que le Dieu de la hype ne les aient appelés, avant que les robinets à clips ne remarquent leurs biceps et leurs belles chevelures ondulées. A l'exception notable des Guns (qui n'en avaient cependant plus pour très longtemps), tous disparurent non seulement des charts, mais encore des mémoires, mais surtout des fantasmes. Un an plus tôt, Sebastian Bach était l'homme avec lequel les adolescentes voulaient toutes perdre leur virginité ? Il était désormais un pauvre naze que sa virilité sur-affirmée rendait pathétique, un quasi vieux beau(f) et de toute façon : les adolescentes ne voulaient déjà plus se faire déniaiser - elles cherchaient un type qui les comprennent. Un type comme Kurt, quoi. Mais avec le physique de Chris ou d'Eddie, si possible.

Je sais : certaines choses ne s'expliquent pas.

Au milieu du marasme, Bon Jovi, presque l'air de rien, entame une mue héroïque et publie un des albums les plus étonnants de l'époque. Porté par un titre de dix minutes hanté par l'esprit des grand storytellers de l'Americana ("Dry County"), Keep the Faith sera un immense succès critique et commercial. Quand aucun des autres n'a senti le vent tourner, Bon Jovi a compris que le public ne se satisferait pas cette fois-ci de deux-trois ballades et de power-chorus même géniaux ; en conséquence, son cinquième album proposera moins de Desmond Child, presque plus de claviers, et des chansons plus adultes faisant la part belle à des lyrics plus pensés, voire bien écrits (ce qui n'était pas - le fanatisme à ses limites - la principale qualité du groupe jusque-là). Certes, les slows s'y taillent toujours la part du lion, mais trois secondes d'"In These Arms" suffisent à comprendre que... le groupe a compris, justement, et pas qu'un peu : non content d'évoluer dans le bon sens, le quintette a l'intelligence d'accepter de se démarquer des groupes hair qui tentent désormais péniblement de surfer sur le grunge, et s'inscrit dans la continuité logique plutôt que d'aller pomper ce qui fait à Seattle, en profitant au passage (il n'y a ni grandes causes ni petits profits) pour signer avec "Dry County" un texte politiquement fort, peut-être l'une des choses les plus subtiles jamais écrites sur l'ère Reagan/Bush Sr4. So much pour Bon Jovi le groupe de gentils crétins marketés qu'on disait morts et enterrés six mois plus tôt. Parce que les directeurs marketings et les managers cocaïnés jusqu'aux paupières, on s'en rappelle, sont les premiers à s'être mangés l'après grunge en pleine face. En 1992, Mercury est plus qu'inquiet de savoir que Jon et Richie s'apprêtent à sortir Keep the Faith, considéré comme un suicide commercial, le genre de disque qui va péniblement faire trois millions quand le dir' com' a tablé sur quinze minimum. Pour la petite anecdote, Keep the Faith, s'il mettra plusieurs mois à s'installer, finira par devenir l'un des grands succès de la saison 1992-93, trois cents années lumières devant n'importe quel autre disque de n'importe quel autre groupe de cette génération. On le dit peu tout simplement parce que l'on en parle peu, mais Bon Jovi, c'est aussi l'histoire du déclin progressifs des majors.


Survivant parmi les survivants, Bon Jovi se sent pousser des ailes5 et décide d'aller encore plus loin, occasionnant (c'était prévisible) son premier et à ce jour dernier flop : These Days. Une merde qui ne se vendra qu'à... deux millions d'exemplaires. Un camouflet. Un chef-d’œuvre. L'album après lequel plus rien ne sera pareil. Disons le franchement, These Days est autant un caprice de rockstars qu'un cadeau pour les snobs du rock. Habitués aux (sur)productions Bruce Fairbain ou Bob Rock, Bon Jovi décide de s'autoproduire et de réaliser un disque encore plus adulte (dans les thèmes) et sans doute plus proche de lui-même (dans le son), c'est-à-dire (un peu) plus groove, (beaucoup) plus brut et par instants à la limite du rétro. Non que le groupe se renie véritablement : These Daysdégueule de ballades plus larmoyantes les unes que les autres ("This Ain't a Love Song", "Hearts Breakin' Heaven", "These Days"), ne crache pas un petit tube desmonchildo-fm de-ci de-là (l'excellent "Something for the Pain") et ne manque ni de soli athlétiques, ni de refrains uniquement décryptables par l'adolescente en fleurs ("I ain't got the winning ticket/Not the one that's gonna pull us through"). Mais à la notable exception de "Lie to Me" (dont sont extraits les vers pénétrants de la précédente parenthèse), le tout est baigné dans une production vintage étonnante, qui fait qu'un slow dans l'absolu typiquement bonjo-childien comme "This Ain't a Love Song", pour n'en être pas moins niaiseux au possible à l'oreille des abrutis ne comprenant rien à cet Art Majeur, sonne quasiment comme tout le contraire de ce qu'on attend généralement de Bon Jovi (à savoir des violons même qu'il n'y en a pas, des synthés même quand on croit qu'on entend des violons, et des couilles sur la tables à défaut des tripes). Pire : le groupe positiviste et enthousiaste par excellence semble à deux doigts la dépression nerveuse, à son niveau certes, mais tout de même ! Lorsqu'il n'interpelle pas Dieu en personne pour lui demander pourquoi ce monde est tout pourri ("Hey God!"), Jon Bongiovi chante qu'il en ras-la-nouille des chansons d'amour ("My Guitar Lies Bleeding in My Arms"), supplie sa copine de lui briser le cœur histoire qu'il retrouve l'inspiration ("Something for the Pain") ou se laisse totalement bouffer par la nostalgie sur le titre éponyme. "These Days"... cette chanson improbable sur laquelle on pourrait bâtir des thèses entières. La plus belle chanson de ses auteurs que l'on aurait à peine remarquée, fût-elle signée par n'importe qui d'autre. Une complainte et une mise en abyme, dans laquelle sous couvert d'une ode bonjovienne au rêve qui doit go on, l'icône de papier glacée chante les héros déchus et les génies sans grade, tel un Springsteen dont les poils jailliraient du col de chemise.




On mesure mal, sans doute, à quel point le suicide de Kurt Cobain a traumatisé toute une génération de rockers. A quel point ce geste définitif les a tous renvoyés à leur vacuité, à la pose qui romantique, qui torturée. La carrière d'un Eddie Vedder, par exemple, ne s'en est jamais complètement remise : si Pearl Jam a continué à vendre des caisses de disques par la suite, l'aura de son chanteur autrefois torturé et adulé par les kids n'a plus jamais été la même (ce qu'il a par ailleurs parfaitement su gérer - mais c'est une autre histoire). Le suicide de Cobain est le pire truc qui soit arrivé aux icônes du rock US de cette époque, car il a subitement rendu leurs gémissements caduques, ridicules, factices. L'allusion est tellement évidente, dans le cas de "These Days" ("Don't you know that all that all my heroes died?/And I guess I'd rather die than fade away"), que le morceau en devient touchant au-delà de sa qualité même (élevée : c'est sans doute et de loin la plus grande chanson jamais grattée par un duo Bon Jovi/Sambora en état de grâce - des lyrics au break hard blues de fin, ce titre est parfait de A à Z). Là où le groupe se transcendera plus qu'aucun autre sur le même thème - et Dieu sait que les chansons évoquant la mort de Cobain de manière cryptique ne manqueront pas dans les années 94/96 - c'est qu'au-delà d'un hommage prenant en compte, encore mieux qu'ailleurs, la dimension mythique d'une telle icône, Bon Jovi parvient à renverser la vapeur et donner envie, in fine, de croire en l'existence. Non, la suicide solution n'existe pas. C'est un leurre. Mieux vaut vivre et voler au plus près du soleil, quitte à blablabla. Simple, efficace, et délivré avec une conviction telle qu'à la fin, n'importe quel auditeur, plutôt que de se foutre la gueule au fond du trou, a envie de vivre. Ou d'essayer. Ce qui est déjà énorme, et tellement mieux que l'hommage ridicule d'un Loner tellement plus cool, ce pseudo-noisy et complètement chiant "Sleeps with Angels", logiquement encensé par la même presse branchouille que l'alterno-hardcore Cobain vomissait. Sûr qu'il n'aurait pas perdu la face en encensant Bon Jovi, mais sûr aussi que de storyteller à storyteller, il n'aurait pas manqué d'apprécier la virtuosité de songwriting dont témoigne le groupe honni sur ce morceau. Ou sur tout cet album que Jon conclut, dans un élan kamikaze confinant au génie, par un blues lancinant sur le mariage - histoire d'être vraiment sûr et certain que plus aucune minette ne voudra de lui à la fin6. "Diamond Ring", ou le morceau si peu représentatif de ses interprètes qu'il serait capable, les planètes correctement alignées, de convertir ses plus farouches détracteurs.

"Allez, courage, il reste toujours les Worlds Apart"

Bien entendu, le résultat final, ce These Days sur lequel la voix de Jon Bon Jovi, comme si cela ne suffisait pas, sera plus bluesy et soul que jamais, sera tellement bon que le groupe mettra plus de cinq ans à s'en remettre. Jon va publier un disque solo qui souligne bien à quel point les albums du groupe ne sont pas gnangnans. Richie va sombrer, revenir, re-sombrer, faire un gosse à Heather Locklear et re-sombrer une dernière fois. Je ne mentirai pas et n'essaierai pas de faire croire au lecteur qui vient d'avaler cette purge de cinq pages que j'aime autant le Bon Jovi des années 2000/2010 que celui qui l'a précédé, encore moins que celui de These Days. Mais Bon Jovi est toujours là, ce qui n'étonnera que ceux qui ne l'ont jamais attentivement écouté. En 2015, toujours en tournée mondiale deux ans après un What About Now? qui a comme à chaque fois démoli les charts (US et pas que), Jon est devenu pote avec Obama, affiche toujours une jolie tignasse et reste capable d'alterner fulgurances et niaiseries absolues. "I feel just like Picasso / And you're my master piece", peut-on entendre sur ce dernier opus, ce qui ferait pleurer de rire chez à peu près tout le monde mais paraîtrait presque touchant chez lui. Parce qu'il a fait These Days, et tant d'autres choses. Parce que Bon Jovi a incarné, sans doute mieux qu'aucun autre, une certaine idée du rock commercial, de la musique de masse, qu'on peut ne pas aimer mais qui persiste aujourd'hui à faire sens. Parce que le groupe a su, aussi, et durant toute sa carrière, se rappeler que les mots les plus simples étaient aussi les plus durs à formuler et les plus émouvants à entendre. Un jour ou l'autre, Jon ou Richie mourront dans l'indifférence générale de millions de fans. Ceux-ci se repasseront alors leurs tubes, et ils auront raison : de "Livin' on a Prayer" en "You Give Love a Bad Name", de "Runaway" en "Someday, I'll Be Saturday Night", peu de groupes peuvent se targuer d'avoir enquillé autant de succès et autant de classiques. Moi, je ne veux pas avoir à attendre ce jour-là pour expliquer qu'avec celui des deux qui viendra de passer l'arme à gauche, c'est une certaine idée du rock populaire qui sera morte. Une certaine idée du rock, tout court. Après tout, ce genre confisqué par les pédants et les étudiants en arts plastique depuis le Velvet n'a jamais été autre chose qu'une musique de masse caressant les white trash dans le sens du poil. Oublier cela, c'est oublier d'où l'on vient ; le comprendre, c'est être enfin prêt à accepter l'évidence. Oui, Bon Jovi, c'est un peu concon. Oui, Bon Jovi, c'est du rock plouc de gauche. Oui, Bon Jovi, c'est une musique de blaireaux, de routiers qui jouent les durs mais ont un cœur gros coooooooooooooooooooomme ça. Oui, Bon Jovi, c'est l'archétype du groupe pour petit blancs incultes de la classe populaire. C'est bien pour ça que, oui : Bon Jovi est un vrai, grand groupe de rock'n'roll.


http://www.legolb.com/2015/07/bon-jovi-these-days-discographie.html?m=1
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